Il y a 60 ans, Jean Vuarnet devenait champion olympique de descente

Journaliste et réalisateur maintes fois primé, Gilles Chappaz résume le personnage d’une formule : « Jean Vuarnet, c’est le plus étonnant destin de l’histoire du ski ! » Puis, semblant se reprendre comme pour mieux enfoncer le clou : « Oui, Vuarnet, c’est un destin… ».

Sans doute avait-il fait sien ce mot du poète Paul Eluard : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous… ».

Car, outre-Atlantique comme dans les Alpes, ce 22 février 1960, « ce n’est pas celui que l’on attendait, mais Adrien Duvillard ! Ce n’était pas le meilleur, même s’il était très bon… », poursuit l’ancien rédacteur en chef adjoint de L’équipe Magazine, qui développe : « Il est persuadé qu’il peut l’emporter ! Il a beaucoup travaillé avec Rossignol ; il est très méthodique… Avec l’aide de Joubert, c’est un des premiers scientifiques du ski ! ».

Et il sera d’ailleurs ce jour-là le premier à l’emporter avec les skis… métalliques que l’industriel vient de mettre au point.

Jean Vuarnet restera en outre célèbre pour sa position de recherche de vitesse, qu’on aura tôt fait de surnommer l’œuf. Et Gilles Chappaz de commenter : « Il faut bien voir qu’Oreiller faisait l’œuf depuis une dizaine d’années, mais de façon empirique. Vuarnet va peaufiner tout ça en réfléchissant à l’écoulement de l’air. Il va travailler cette position, la mettre au point, et il se prépare en fonction de la piste de Squaw Valley. Il sait que la course va se gagner sur les positions de glisse » et mise tout là-dessus, « un peu comme Jean-Luc Crétier à Nagano » en 1998.

Alors, « même s’il commet une faute tout à fait au départ, c’est une victoire morale, psychologique. C’est un intellectuel, un cérébral… », qui n’hésite au demeurant pas à faire (un peu…) cavalier seul. Ou à laisser croire que…

(Pour en savoir plus… veuillez-vous reporter à la page 169 de l’édition 2020).