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Portrait : disparition du truculent Chanoine Kir

Avril 1968

Kir, le prêtre

Il a vu le jour le 22 janvier 1876 à Alise-Sainte-Reine. Si le lieu revendique le site de la bataille d’Alésia, on ignore encore que la naissance de Félix Adrien Kir va lui apporter une autre notoriété. Dernier des cinq enfants d’une famille modeste installée depuis plusieurs générations dans la région, après le petit séminaire de Plombières-lès-Dijon on le retrouve élève du grand séminaire de Dijon. Sa voie est tracée : il est ordonné prêtre en 1901. Successivement vicaire à Auxonne, curé à Drée, vicaire à Notre-Dame de Dijon de 1904 à 1910, il devient ensuite curé de Bèze, à 30 kilomètres de Dijon. La Première Guerre mondiale éclate et le curé Kir, mobilisé d’abord dans une section d’infirmiers, obtient le grade d’adjudant au sein des services de santé et la Croix de guerre pour sa conduite. La paix revenue, il se découvre une passion pour l’écriture, en donnant quantité d’articles pour l’organe catholique, « Le Bien du Peuple ». Il rédige aussi un ouvrage, « Le problème religieux à la portée de tout le monde » qui vise à affirmer l’existence de l’âme, de Dieu et du Christ. De 1924 à 1928, Kir est curé à Nolay avant d’être appelé comme animateur diocésain de la Fédération nationale catholique. Nommé chanoine (conseiller de l’évêque) en 1931, il est remarqué par ses prises de parole où sa gouaille et sa pugnacité, souvent face à des adversaires politiques de gauche, sont efficaces. Patriote et pacifiste, en ces années trente où montent les périls, il montre une égale hostilité au fascisme et au communisme.

Kir, le résistant

Cependant, c’est lors de la Seconde Guerre mondiale que le chanoine va inscrire son nom pour la postérité. La défaite de 1940 provoque le départ du maire de Dijon et le préfet nomme une délégation municipale à laquelle s’intègre le chanoine Kir. Vite confronté aux exigences allemandes, l’ecclésiastique, s’il se dit favorable au régime de Vichy qui s’instaure, défie rapidement l’occupant et il permet notamment l’évasion de milliers de prisonniers confinés dans le camp de Longvic-lès-Dijon. Une persistante et courageuse opposition lui vaut d’être arrêté par les Allemands en octobre 1940. Les pressions en sa faveur font qu’il est libéré deux mois plus tard et, ne faisant plus partie de la délégation municipale, Kir retrouve sa liberté d’action. Bien qu’il n’adhère pas à un mouvement de résistance, son attitude vis-à-vis des Allemands entraîne son arrestation en octobre 1943 mais son appartenance à la Résistance n’étant pas démontrée, il est relâché. Mais, menacé physiquement par l’occupant, il échappe de justesse à une expédition punitive qui le laisse grièvement blessé. Réfugié en Haute-Marne pour échapper à la Gestapo, son retour à Dijon, le 11 septembre 1944, est triomphal. Juché sur un char, le chanoine fait figure de libérateur de la ville et sa carrière politique est désormais lancée…

(Pour en savoir plus… veuillez-vous reporter à la page 149 de l’édition 2018).

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