Calendrier & Conseils de jardinage

Janvier

Potager

La pratique régulière et constante du jardin contribue à savoir « donner du temps au temps » et ainsi à ne pas confondre vitesse et précipitation. L’on évitera ainsi de semer tout de suite les graines que le père Noël vous a peut-être laissées au pied de la cheminée. Surtout si ce sont des graines de légumes qui ne résisteraient pas au froid ambiant, lequel empêche leur germination : salades en tous genres, solanacées (tomates, aubergines), cucurbitacées (courges, potirons, courgettes), brassicacées (choux, choux-fleurs). Mais comme avec toutes règles, le jardin permet des exceptions : on peut semer des petits pois, des fèves et planter l’ail. En vérifiant le dicton, en fonction de la météorologie ambiante, « Ail mince de peau, c’est l’hiver court et beau ». Si vous avez la chance d’avoir une serre, d’autres exceptions sont possibles puisque pour ainsi dire tout ce qui est interdit à l’extérieur est permis à l’intérieur en prenant la précaution de surveiller les attaques de prédateurs et de maladies cryptogamiques qui, telle la fonte des semis, compromettrait le démarrage de la végétation.

 

Verger

On peut encore planter les arbres à racines nues en veillant à ce que le sol soit bien ressuyé et non collant. Quand la surface du jardin est insuffisante pour avoir un verger et un potager, il est cependant possible de planter certains fruitiers au potager, en particulier ceux qui ont un système racinaire profond comme le pêcher ou le poirier. Avec un sécateur préalablement désinfecté, on taille les fruitiers à pépins. On élimine à la brosse les lichens accrochés aux grosses branches. On taille les cassissiers et groseilliers et on nourrit les framboisiers d’une pelletée de compost.

“ Année neigeuse, année fructueuse ”

 

Jardin d’ornement

Nettoyez les feuillages des vivaces abîmées par le gel, notamment celles qui ne vont pas tarder à refleurir, telles les aubriétias. Commencez à griffer les massifs sauf si le sol est détrempé ou gelé. Avant que la végétation redémarre, prenez soin de votre pelouse en la ratissant pour la débarrasser des mousses. Si la température se radoucit, plantez les pâquerettes semées en juillet dernier et déplacez les semis spontanés de myosotis : ils feront bon ménage avec jacinthes, tulipes et narcisses qui montrent le bout du nez. On peut les toiletter en binant légèrement autour des jeunes pousses pour enlever dès maintenant les mauvaises herbes qui risquent de les parasiter par la suite. Taillez les arbustes à floraison estivale (buddléias, hibiscus, carioptéris, glycine, sauge arbustive, chèvrefeuilles, clématites). Certains végétaux peuvent être bouturés en janvier comme le romarin ; décoratif et résistant, il commence à fleurir à la fin du mois, et attire les insectes pollinisateurs garant de la qualité biologique de votre jardin.

 

Fenêtre, balcon et intérieur

Bien que les plantes d’intérieur bénéficient d’un micro- climat tempéré, c’est l’hiver pour elles aussi et il faut éviter les apports d’engrais et limiter les arrosages. Si les pélargoniums que vous aviez soigneusement bouturés l’été dernier ont mauvaise mine, c’est qu’ils sont atteints par la fonte des boutures : il faut les éliminer et consulter les catalogues pour en commander de nouvelles variétés. Même s’il est peut-être ambitieux de postuler pour devenir refuge de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), il est tout à fait possible d’installer un petit nichoir sur la terrasse et le balcon dans lequel on met des boules de graisse qui attirent les mésanges fort utiles au jardin contre les insectes nuisibles.

 

La plante du mois : Petits pois

Même au cœur de l’hiver, il faut toujours « avoir du petit pois chez soi », au fond du tiroir de semences, car c’est un des seuls légumes que l’on peut semer en janvier dans un sol meuble et si possible bien ressuyé. Légume vert de la famille des légumineuses, le pois potager est cultivé en Asie depuis des millénaires. Introduit dans le bassin méditerranéen pendant l’Antiquité où l’on utilisait surtout la variété des pois chiches, il est arrivé en France au 17e siècle. Il y connut un grand succès ; Louis XIV en était friand et fit beaucoup pour sa popularité. Pitum sativum, riche en vitamine C et en protéines, est plus énergétique (80 calories par 100 g) que les autres légumes verts.
Le pois se développe dans une cosse indigeste, sauf le mangetout, une des nombreuses variétés de ce légume.
Variétés suffisamment différenciées pour permettre une culture en plusieurs saisons, et dans divers sols et climats, celui du sud de la Loire ayant sa préférence. Parmi les classiques, le « Nain hâtif d’Annonay » peut être semé dès janvier ; quant au « Désirée », il satisfera les esthètes avec ses appétissantes gousses violettes ; dans la famille mangetout, on retiendra le « Corne de Bélier ». On les récolte avant la pleine maturité, entre mai et juillet, pour qu’ils ne soient pas trop durs et fibreux, sauf le pois cassé, une variété qu’on laisse durcir et qui est ensuite cassé mécaniquement. Sa résistance au froid et son adaptabilité n’empêchent pas une certaine fragilité : le petit pois est sensible à l’oïdium et attire les pucerons. On le protègera par la rotation culturale et en traitant préventivement avec des purins de fougère et de prêle.

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