Calendrier & Conseils de jardinage

Février

Potager

Malgré des éclaireurs du printemps qui peuvent s’introduire au jardin au milieu du mois, ne pas se laisser prendre au piège de quelques rayons de soleil : l’hiver est encore bien installé. Sauf en période de gel, on continuera les bêchages et l’on épandra le compost. Sous abri, on sèmera épinard, laitue, navet et persil ; en pleine terre, on peut se risquer à semer fève, pois et la laitue « Reine de Mai ». Profitez des intempéries pour nettoyer et affûter vos outils, pour passer vos commandes par correspondance, par exemple auprès de l’association « Kokopelli », où l’on trouve des variétés de légumes anciens comme les tomates « Rose de Berne », productive et résistante aux maladies ou « Green Zebra » aussi séduisante à l’œil avec ses rayures jaunes et vertes qu’étonnante par son goût. Tomates que l’on sèmera à la fin du mois dans une caissette de bon terreau, placée ensuite devant une fenêtre exposée au sud. Dès les premières douceurs, en fin de mois, si le temps est humide, les limaces vont repasser à l’attaque et se ruer sur les semis (ceux de persil et de salade sont particulièrement visés) : pour les éloigner, en plus des « armes » connues (cendre, sable, coquilles d’œuf) essayer des produits proposés par Naturasol, l’un à base de pouzzolane, l’autre fabriqué avec des coquilles marines broyées.

 

Verger

Traitez les pêchers, les abricotiers et les pruniers à la bouillie bordelaise. Terminez la taille des pommiers et des poiriers. Plantez une haie de framboisiers, de cassissiers, de groseilliers et de gojis, ces baies pleines de vitamines, originaires du Népal. Ne vous laissez pas piéger par le réchauffement climatique : nombre d’arbres plutôt réservés au climat méditerranéen, comme les figuiers et les oliviers, peuvent être décimés par une vague de froid. Il ne faut donc pas les planter en principe au nord du 45e parallèle. Quand un figuier est bien installé, on peut lui faire des petits en le marcottant.

 

Jardin d’ornement

Si vous n’avez pu le faire en novembre dernier, vous avez encore la possibilité d’une séance de rattrapage pour la plantation d’arbustes et de rosiers. Commencez à griffer la terre des massifs pour l’aérer en y incorporant du compost et du terreau. Tenez prêts vos sécateurs pour la taille des rosiers qui pourra commencer dès la dernière décade du mois. Rosiers que l’on bichonnera avec une bonne couche (5 cm d’épaisseur) de compost et de fumier. Dans la partie du jardin réservée aux arbustes d’ornement, faites une place pour planter un deutzia dont les généreuses hampes blanches fleurissant en mai mettront en valeur les vivaces, bulbes et rosiers. Repiquez des bisannuelles (en choisissant si possible des plants qui n’ont pas été trop forcés en serre) : pensées, pâquerette, myosotis et primevères prépareront l’arrivée des premières fleurs à bulbes. Vous pouvez aussi faire les premiers semis d’annuelles – capucines, œillets d’Inde, Œillets d’inde pieds d’alouette – en serre ou sous abri, par exemple dans une caissette que l’on garde à l’intérieur.

 

Fenêtre, balcon et intérieur

Surveillez la terre de vos potées sur la terrasse : si l’hiver est sec n’oubliez pas de les arroser légèrement deux fois par mois. Les plantes d’intérieur sont toujours dans une phase de dormance. Mais leurs prédateurs sont à l’affût. Surveillez en particulier aleurodes et pucerons qui attaquent à cette période. Quand c’est le cas, éliminez-les avec plusieurs applications de savon noir. Sur la terrasse, pensez à renouveler la terre des bacs sans oublier d’y adjoindre du terreau, du compost et du fumier décomposé.

 

La plante du mois: Panais

Au royaume des carnivores, panais et raves ont mauvaise réputation. Sur un stade, quand on a du jus de rave dans les veines, on n’est pas bon à grand-chose. Quant au panais, dans le langage lycéen du siècle dernier, c’était le mec gauche et mal fringué à mettre à l’écart, un « bolos », dirait-on aujourd’hui. Très présent sur toutes les tables du Moyen Âge, car nourrissant, facile à cultiver et à conserver, il tenait une place importante dans l’alimentation. Mais le panais est le type même du légume ancien qui est passé près de l’oubli quand il fut détrôné par l’arrivée et le succès de la pomme de terre qui l’a cantonné dans un rôle subalterne, celui de légume d’accompagnement dans les pots-au-feu. Grâce soit rendue à Saint Fiacre, le patron des jardiniers, il a été réhabilité par des grands chefs et par la redécouverte des qualités des légumes dits anciens pour accompagner des viandes et préparer de succulents veloutés ; certaines toques les ont même accommodés en sorbets et entremets. Pour s’en régaler, il suffit d’avoir semé en mai, dans une terre meuble, une des variétés de cette ombellifère (même famille que la carotte ou le persil) les plus adaptées au climat de notre région tel le productif « White King » ou le robuste « Gladiateur » aux belles racines de 20 cm ; ensuite, en pratiquant une culture semblable à celle de la carotte, on bine et on arrose régulièrement, pour que les racines se développent jusqu’à la récolte, de novembre à mars, le temps des bonnes soupes qui est aussi celui des refroidissements contre lesquels le panais a des vertus anti-inflammatoires.

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