Calendrier & Conseils de jardinage

Avril

Potager

La pluie est bienvenue : contrairement aux élégantes qui voudraient que l’on soit déjà en été, pour garantir leur bronzage, ne vous lamentez pas s’il pleut car « Pluie d’avril emplit le fenil ». Entre deux ondées, beaucoup de semis sont possibles en pleine terre : vos laitues préférées avec un clin d’œil à la « grosse blonde paresseuse », radis, carottes, betteraves, épinards, navets, poireaux et toutes sortes de choux. Semez en pépinière poivrons, piments et cucurbitacées ; si vous ne l’avez pas fait en mars, plantez les pommes de terre : essayez une variété naturellement résistante au mildiou la « Sarpo-Mira » d’origine hongroise. Si vous cherchez à donner à votre potager une touche d’originalité, essayez les légumes anciens (tomates vertes et jaunes, arroche, amarante, potimarrons et courges musquées). Vous en trouverez des graines dans certaines jardineries, sur des catalogues fournissant des produits de qualité professionnelle aux amateurs comme celui des graines Baumaux (BP 100, 54062 Nancy Cedex) ou d’associations spécialisées dans la préservation de variétés menacées de disparition comme « Kokopelli »

 

Verger

Attention au carpocapse, une vilaine petite bête qui infeste les fruits, particulièrement les pommes, les poires et les coings. C’est une chenille blanchâtre à tête brune. Pour renforcer les défenses des arbres à leurs attaques, pulvérisez du purin d’ortie deux fois à quinze jours d’intervalle. Ensuite des pièges à phéromones peuvent être installés. Autre moyen de lutte : inviter des poules au verger car elles sont très friandes des larves du carpocapse. Sans oublier de les traiter contre la cloque, taillez les pêchers. Traitez les cognassiers à la bouillie bordelaise très efficace contre l’anthracnose.

 

Jardin d’agrément

A partir du milieu du mois, semez en pleine terre les fleurs annuelles : capucines, cosmos, lavatères, pétunias, reines-marguerites et œillets d’Inde dont les variétés botaniques, très odorantes, les tagètes, pourront aussi décorer le potager tout en dissuadant nombre de prédateurs à commencer par les pucerons. Dans vos massifs, essayez la technique du paillage (constitué de résidus de taille broyés) qui permet de diminuer les arrosages et étouffe les mauvaises herbes. Quand la terre du jardin s’y prête (elle doit être acide), cette période est celle où le rhododendron est le plus séduisant. Pour qu’il réussisse, il faut, en plus de la nature de la terre, veiller à l’arroser généreusement et à le placer dans des endroits qui ne sont pas en plein soleil. Quand ces conditions sont réunies, le rhododendron vous gratifiera un spectacle extraordinaire. La palette qu’offre cet arbuste élégant est généreuse : du rose tendre au violet foncé, en passant par le vermillon, le pourpre et le jaune.

 

Fenêtre, balcon et intérieur

Sur le balcon, le grand ménage de printemps est à l’ordre du jour. Remplacez les pots qui ont été fendus par le gel. Renouvelez la terre des potées en l’enrichissant de compost et de terreau. Faites de la place pour les fidèles géraniums et si vous vous en lassez, essayez les pélargoniums odorants qui, selon les variétés sentent la menthe, le pin ou la rose. Quant aux plantes d’intérieur, elles ont maintenant bien repris leur cycle végétatif. Elles ont besoin de lumière mais gardez-vous de les rapprocher d’une fenêtre trop ensoleillée : un coup de chaleur pourrait leur être fatal. Par temps doux et humide, sortez les plantes vertes sur la terrasse, elles apprécieront une douche naturelle. Rempotez azalées et cyclamens.

 

La plante du mois : Géranium vivace

La différence entre un jardinier sachant ce dont il parle et un autre, c’est qu’il ne confond pas géraniums et pélargoniums. Ce dernier, originaire d’Afrique du Sud et de ce fait craignant le froid, vedette des balcons et du fleurissement urbain est improprement appelé « géranium ». Botaniquement, ce terme est réservé à une plante vivace d’origine européenne communément appelée « herbe à Robert » ou bec de grive en raison de la forme allongée de son fruit. La plupart de ces vrais géraniums dont il existe de nombreuses et séduisantes variétés (geranium sanguineum, geranium macrorhizum et geranium giganteum) sont d’une rusticité remarquable, résistant à des températures inférieures à – 15°. On peut planter en mars-avril ou à l’automne l’une ou l’autre des variétés, toutes très rustiques et diverse- ment colorées. De culture facile, ne nécessitant pas d’arrosage, appréciant le soleil mais ne détestant pas l’ombre, ils s’adaptent délicieusement selon leur taille (de 15 cm pour le géranium Cinereum à 80 cm pour le Phaeum), leur date de floraison (d’avril aux gelées) à toutes les bordures de vivaces et aux rocailles. Les géraniums blancs « Album » font merveille à côté d’heucheras pourpres tandis que les « Sanguineum » semblent prédestinés à la compagnie d’ibéris ou de corbeilles d’argent. Autres atouts de cette vivace à tout faire et à toute épreuve : son feuillage qui est persistant et se colore de pourpre et d’ocre à l’automne. Pour étoffer sa collection, on s’adressera à un spécialiste régional de cette espèce, la pépinière d’Olivier Cazeneuve à Saint-Appolinard (42).

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