Calendrier & Conseils de jardinage

Décembre

Potager

Si les blaireaux et les loirs ont commencé leur hibernation, ce n’est pas une raison pour que le jardinier imite ces bestioles même s’il doit respecter le repos végétatif de certaines plantes. Il continuera à avancer les bêchages sans oublier d’y incorporer de la cendre issue des premières flambées (à raison de trois poignées par m2), du fumier et du compost. Certaines récoltes sont encore à l’ordre du jour. Les choux et les radis d’hiver sont à maturité, ainsi que les panais et les topinambours ; les cardons sont à point si l’on aura pris la précaution, début novembre, de les emmailloter dans un papier kraft. Pour profiter de vos poireaux, navets, betteraves rouges et radis d’hiver sans se compliquer la vie, protégez-les du froid et de l’humidité avec des feuilles (chêne, hêtre, érable, châtaignier) qui se décomposeront en se transformant en humus. Si les intempéries vous retiennent à l’intérieur, profitez-en pour inspecter les outils : affûtez les lames des sarcloirs et des
bêches ; grattez tous les fers pour les débarrasser de la boue et passez-y de l’huile de lin qui repoussera las attaques de rouille ; huile de lin aussi sur les manches en bois après les avoir poncés.

Verger

Sauf si le sol est gelé ou recouvert de neige, la plantation d’arbres à racine nue est possible ; pour que la reprise se fasse dans les meilleures conditions, tremper les racines dans un pralin avec mycorhizes (des champignons microscopiques sui stimulent la croissance racinaire) que l’on trouve en jardinerie. On peut commencer la taille des poiriers et les pommiers. Pour éloigner maladies et insectes, blanchissez les troncs en passant avec une brosse un badigeon composé d’argile, de chaux agricole et de bouse de vache.

Jardin d’agrément

Invitez des cyclamens au jardin, comme ceux que produit la pépinière Morel originaire de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain) et maintenant installée à Fréjus (Var); à retenir parmi les 150 variétés de la collection de ce pépiniériste, le cyclamen de Naples heredifolium aux petites fleurs rose et au feuillage marbré. Si vous avez manqué votre rendez-vous avec sainte Catherine et si le sol n’est pas gelé préparez des trous où vous planterez rosiers et arbustes. Dans les jardins des alentours ou chez les collectionneurs, repérez les rosiers qui proposent de superbes compositions avec leurs cynorhodons que l’on appelle aussi « gratte-culs ». Ce sont souvent des rosiers botaniques dont les fruits offrent un somptueux spectacle en plein hiver. Apportez une bonne ration d’hiver à vos arbustes préférés : ils apprécieront un seau rempli d’un mélange de compost et de fumier auquel on ajoutera une poignée de corne broyée Bouturez les arbustes à feuilles caduques, en particulier les forsythias et transplantez les drageons de lilas. Surveillez les tubercules des dahlias que vous aurez arrachés avant les premières gelées.

Terrasse, balcon et intérieur

Une jolie plante d’intérieur à offrir pour Noël : l’aglaonéma ‘Crete’ avec ses belles feuilles vertes nervurées de rouge. Vous pouvez aussi faire des cadeaux avec des boutures de misères colorées faciles à réaliser (un brin de cinq feuilles à laisser tremper quelques jours dans un verre d’eau, le temps que le système racinaire se mette en place). Comme la lumière se raréfie, rapprocher vos plantes des fenêtres, par contre éloignez-les des radiateurs qui les assèchent. On réduit les arrosages et on fait attention à la température de l’eau du robinet, qui risque d’être trop froide. Sur la terrasse, au cas où l’hiver serait sec, pensez à arroser les lauriers : même s’il y a moins d’évaporation, ils ont besoin de boire un coup de temps en temps.

La plante du mois : Artichaut

« Les artichauts froids sont-ils meilleurs que chauds ? » demande une vieille chanson française. Quoiqu’il en soit, le jardinier du Père Benoit vous recommande d’en mettre quelques têtes au frais pour la période des fêtes. En effet, ce légume qui eut grand succès du XVIe au XVIIIe siècles à Florence, dans les cours de France et d’Angleterre, s’est heureusement démocratisé et le foie gras sur fond d’artichaut, grand classique de la cuisine lyonnaise, est devenu un met de choix des réveillons. C’est un régal qui a aussi une fonction thérapeutique : la consommation de l’artichaut permet de prévenir ou de guérir les conséquences des excès de table. Car il recèle une molécule qui régule les fonctions hépatiques et peut aider à perdre du poids. C’est donc un « alicament » recommandé si l’on veut se préparer ou se remettre des libations de fin d’année. A l’origine, l’artichaut était un vulgaire chardon qui donna naissance aussi au cardon, son cousin botanique, qui poussait dans le pourtour méditerranéen. La partie consommée est le bouton (ou capitule) de la fleur avant qu’elle ne s’ouvre. Quelle que soit la variété retenue ‘Camus de Bretagne » ou ‘Violet de Toscane’, on le sème en avril et on le repique en juin dans une terre riche ; pour la première récolte, attendre l’été suivant quand la plante a atteint une dimension telle qu’il faut prévoir de ne rien planter à proximité. Ne consommez pas toutes les têtes de l’artichaut : laissez-en fleurir quelques-unes, ces énormes chardons violets, transformant le potager en jardin d’ornement, sont un ravissement.

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