Calendrier & Conseils de jardinage

Décembre

Potager

Si vous avez pensé à semer de la mâche en août, elle arrive maintenant à maturité ; pour prolonger la récolte et faciliter son ramassage, paillez entre les rangs avec de la paille de céréales ou un broyat de résidus de taille ; éloignant les nuisibles et les herbes indésirables, ce paillage sur 2 ou 3 cm vous permettra de récolter de la mâche jusqu’en mars. Vous avez planté des choux de Bruxelles en juillet dernier ? Leurs petites pommes commencent à apparaître à l’aisselle des feuilles et de la tige ; pour que les choux se développent jusqu’à leur taille idéale de 3 cm de diamètre, enlevez les feuilles. Quand le temps le permet, bêchez toutes les parties libres en incorporant du fumier à raison de vingt kilos par m2. Quand vous bêchez, ne vous préoccupez pas des mottes : la succession de périodes de gel et de dégel suffiront à les briser. La cendre est riche en phosphore et en oligo-éléments : elle complète l’action du fumier, du compost et des engrais verts, mais n’en dispersez pas plus que deux poignées par m2. Récupérez des cartons sans encre ni adhésif, défaites-les et installez-les sur des planches du potager qui vous ont posé problème car elles étaient souvent envahies de chiendent ou de liseron. En se décomposant, le carton va étouffer les mauvaises herbes d’autant plus efficacement que vous l’aurez coiffé d’une couche de feuilles mortes.

 

Verger

Contrairement à une idée tenace, on ne bouture pas qu’en août : la preuve par le figuier qu’il est recommandé de bouturer maintenant, tout comme les groseilles et cassissiers. Brossez les troncs des arbres pour éliminer les lichens. Débarrassez les vieux pommiers du gui qui les parasite, mais gardez-en un rameau pour vos bouquets de fête. Le réchauffement climatique n’empêche pas les chutes de neige qui peuvent altérer les fruitiers dont les feuilles ne sont pas toutes tombées ; dans ce cas, secouez délicatement les branches pour faire tomber la neige et éviter que certaines ne se rompent.

 

Jardin d’agrément

Des fleurs en décembre ? Mais bien sûr que c’est possible en invitant pour Noël la famille des hellébores dites aussi « roses de Noël ». Cette vivace de la famille des renonculacées fleurit en effet de la fin novembre au début mars. Privilégiez des variétés qui ont fait leurs preuves telle la ravissante « Walberton’s rosemary » avec ses fleurs rose clair veinées de blanc. Autres fleurs susceptibles de tenir compagnie à l’hellébore : les bruyères d’hiver, le jasmin nudiflora à fleurs jaunes. Avec ses feuillages décoratifs et persistants, le houx est particulièrement apprécié en ce moment. Mettez les cotoneasters au programme de vos plantations – c’est possible si le sol n’est pas encore gelé. Leurs baies ne sont pas comestibles pour l’homme mais attirent les oiseaux qui s’en régalent tout en faisant le ménage dans les larves d’insectes prédateurs. Griffez la terre des massifs, si elle n’est pas gelée, et recouvrez-la de compost pour qu’elle ne reste pas à nu. Buttez les jeunes rosiers jusqu’au point de greffe pour les protéger du froid.

 

Terrasse, balcon et intérieur

Si vous ne vous en étiez pas encore occupé, il est urgent de faire migrer de la terrasse vers la véranda ou dans un garage tempéré et recevant la lumière du jour toutes vos plantes méditerranéennes (géraniums, pélargoniums, bougainvilliers, mimosas). Nettoyez et rangez les pots et les jardinières. A l’intérieur, réduisez les arrosages – les pulvérisations sont préférables – et faites attention à la température de l’eau du robinet, souvent trop froide. Ne laissez pas l’eau stagner dans les soucoupes sous les pots.

 

La plante du mois : Yuzu

Originaire d’Asie, la famille des agrumes n’est pas des plus adaptée au climat de notre région. Mais il y a quelques exceptions non gélives, comme le yuzu. Hybride de la mandarine sauvage (Citrus reticulata) et d’une variété de citron, le citron d’Ichang (Citrus ichangensis), c’est un arbre de petite taille très épineux et à la croissance assez lente qui pousse à l’état sauvage dans l’est de l’Asie plus précisément en Chine orientale et sur les contreforts du Tibet. Sa rusticité lui permet de résister à des gels de – 10°. Il donne des petits fruits de 5 à 10 cm de diamètre d’une centaine de grammes, très riches en vitamines, qui arrivent à maturité à l’automne. Il est aujourd’hui cultivé au Japon où il est très populaire car son goût fin, frais et acidulé le prédispose à l’accompagnement des classiques de la cuisine japonaise, notamment pour relever shashimis et sushis, et pour accompagner (en zeste et en jus) crustacés et poissons. L’engouement pour cette cuisine et ses ingrédients a fait du yuzu un fruit « tendance », très demandé par les amateurs. De sorte que comme il n’est produit en Europe que de manière confidentielle, ses prix atteignent un niveau faramineux, jusqu’à 100 € le kilo ! A ce prix, si l’on a des envies de yuzu, il faut d’urgence s’en faire offrir un scion pour Noël et le planter dans une partie du jardin protégé des vents froids ! D’autant qu’on peut l’utiliser comme le font les Japonais pour de la parfumerie artisanale, pour aromatiser le thé et pour en faire des cures qui protégeraient des maladies infectieuses et seraient bénéfiques pour les articulations.

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